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Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /Nov /2006 19:25
Alors, pour aujourd'hui, un roman d'une écrivain assez connue: Marie Desplechin. Même si la plupart de ses livres s'adresse à un public d'enfants (ce n'est cepedant pas pour cela que ces livres sont moins biens ou meilleurs, je les conseillerais même !), elle a aussi écrit des romans plus "adultes" comme Sans moi dont je parlerais aujourd'hui ou encore Trop sensible. 

Sans moi
c'est l'histoire de deux femmes, l'une mère de deux enfants, un peu perdue, parfois déprimée, fatiguée de sa vie. L'autre, fille de la rue, ancienne toxico et prostituée, mais ingénue et pleine de vie. Celle-ci, Olivia, débarque dans la vie de la première ( dont on ne sait pas le nom, en partie parqu'elle est la naratrice, en partie pour un autre raison mais je l'aborderais plus tard) comme babysitter et s'installe chez elle. Entre les deux se noue alors un lien étrange : violent et tendre, exclusif et libre, parfois même qui oscille entre amoureux et amical. Et Olivia va boulverser les principes, les acquis de cette femme, sa patron, sa logeuse, son amie.

J'en viens par là à un point important du livre : tout n'est pas blanc ou noir, et plus encore le blanc n'est pas le contraire du noir  ! Et parfois cela peut être dérégeant, quand sont exposés de façon clair chaque petite concession que l'on fait dans notre vie et qui use, chaque petit écart que l'on se permet et qui finit par nous éloigné de notre humanité ou plus sûrement de notre sens moral. Et je rejoins maintenant la deuxième raison de l'absence de nom de la mère. Elle raconte certes ! mais plus encore elle est 'nous', un 'on' anonyme, pluriel, qui de ce fait nous parle, nous concerne, nous implique et a fortiori nous dérange. Car quand la mère s'accommode, c'est notre propre reflet que l'on voit.

Je pourrais peut-être dire deux mots de l'écriture en elle-même. Comme cela se voit parfois (pour ne pas dire souvent), on ne peut guère parler d'écrivains, mais de romanciers. La nuance, elle est justement dans l'écriture. Ici, Marie Desplechin manie les mots de façon habile et naturel, ce qui donne un résultat plaisant.

Et voilà, pour finir, l'extrait :

"Plus généralement, j'avais constaté avec stupéfaction que le nom de Marx lui était inconnu, comme ceux de Jaurès, Gutenberg, Tchékhov ou Roosevelt, Staline, Baudelaire ou Martin Luther King. Elle ignorait tout du siècle et de ses guerres. Elle ne savait pas qui gouvernait la France. L'histoire glissait sur elle comme de l'eau sur des plumes de canards. Il y avait quelque chose de très beau dans cette inestimable ignorance. Du moins je pensait ainsi parce que je l'aimais. Et parce que je lui étais reconnaissante de m'apprendre que l'on pouvait vivre au milieu des hommes sans rien connaître de leur histoire. "

Marie Desplechin, Sans Moi.
Par Kalhéa - Publié dans : critiques
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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /Nov /2006 22:44

     Si l’on vous demande ce que je suis, dîtes simplement que vous ne savez pas, car il se pourrait, dans le cas, contraire, que l’on vous catalogue comme un être dépassé voire préhistorique.

 

    Si l’on vous questionne sur mon utilité, affirmez que je n’en ai qu’une et que de ce fait, étant une machine, je suis dérisoire.

 

    Si l’on vous interroge sur mon appartenance, ne confiez pas, ô malheureux que je suis à vous. Il est plus sur de dire que j’étais la propriété d’un quelconque parent éloigné et âgé de préférence.

 

    Si l’on vous consulte sur mon histoire, restez évasif : je n’aurai servi qu’à de communs écrivains de bacs à sable ou de petites secrétaires.

 

    Si l’on dénigre devant vous mon son mécanique, riez avec eux de Eric Sati et de sa composition pour orchestre et machines à écrire.

 

    Si l’on se plaint de mon absence de correction possible, oubliez que les barbarismes des plus grands écrivains ont leur poésie.

 

    Et si malgré tout cela vous m’aimez bien, alors ne perdez jamais de vue que, sans VOUS je ne suis RIEN !

 
Par Kalhéa - Publié dans : textes
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Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 17:30
Alors pour cette semaine parlons un peu de romans policiers !

Et oui, Léo Mallet a écrit du policier ( et chansons et poèmes mais en minorité). Son personnage : Nestor Burma, un détective "de choque" qui tient sa propre agence " Fiat Lux" et qui la réputation de "mettre le mystère KO" !

L'ambiance sombre de la seconde guerre mondiale et sa suite donne le ton de la première série de livres, les mystères de Paris. Cela dit Burma n'est pas réputé pour avoir l'esprit dans ses chaussettes et trouvera toujours une note d'humour a caser dans n'importe quelle situation. Une deuxième séries de livres viendra plus tard, alors que Léo Mallet hésitait à remplacer son personnage fard par un autre et abandonner le détective aux recoins sombres de ses tiroirs. Les nouveaux mystères de Paris, plus de vingt romans, ont leur propre particularité. En effet, chaque intrigue policière se passe dans un arrondissement de paris. L'écrivain étant connu pour ses déambulations dans paris connaissait chaque recoin, chaque petit café de son époque, l'inscription dans la réalité de ces fictions est donc stupéfiante.

Pour vous parlez un peu du monde de Nestor Burma, évoquons rapidement les autres personnages récurents, comme Hélène, la secrétaira de Burma, souris intelligente et débrouillarde, Farroux, commissaire un peu dépassé, faux rival de Nestor, Marc covet, journaliste, ami et indique du héros, Zavatter, tantôt agent d'espionage, indique, homme de main, et la liste ne s'arrête pas là. Pour évoquer encore ce même monde je pourrais vous dire : le gris, tocbombe, mézigue, une souris et autres mots d'argot des années d'après-guerre. qui peuplent les pages des romans.

il serait bon peut-être d'évoquer rapidement la série télévisée qui existe et qui porte le même nom. Avec Guy Marchand dans le rôle du détective de choque. Pour connaître les deux, ma préférence va aux livres, forcément, mais dans un esprit qui se veut au plus partial, la série est bien. L'interprétation de Guy Mrchand conrespond celon moi à l'idée qu'on se fait du héros, un peu depréssif, fatigué parfois. Tout ça pour dire, si vous connaissez la série, et n'avez jamais lu les livres, je vous les conseil grandement !

Et pour finir, un petit extrait :

"    J'avais quelqu'un à voir, derrière l'Opéra au sujet d'une affaire sans importance, mais il me fallait tout de même voir ce témoin. Je laissais Hélène à la garde de la boite et me débinais.
    Lorsque je revins, le vieux crabe sur le sable était repassé et reparti. Je ne fus pas surpris d'apprendre qu'il avait tenté une ponction en direction des économies de mon auxiliaire. Scène du II, pas tout à fait enlevé les doigts dans les narines. Il lui fallait très rapidement une somme que la môme ne transportait pas sous l'élastique de sa jarretière et j'était bon pour paticiper au frais. Un gala de bienfaisance, en quelque sorte. Enfin... quand j'ai du fric je ne rechigne pas à le dépenser, même en couillonades. Je suis ainsi fait. Et Hélène possède une façon à elle de demander un service, avec un de ses sourires-maisons... Bon. Paraît aussi qu'elle lui devrait bien ça, en souvenir de son père. Nestor, victime de pieux sentiments familiaux. Re-bon. N'empêche que conquante billets, c'est cinquante billets ! Que voulait-il en faire ? Se payer une danseuse ? "

M'as-tu vu en cadavre ? 
Léo Mallet.
Par Kalhéa - Publié dans : critiques
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 /11 /Nov /2006 12:06
Avec un jour de retard (pardon) la critique littéraire de la semaine :

Shan Sa, enfant prodige des mots. Jeune chinoise qui vit en france, elle a publié son premier receuil de poème, dans son pays natal à l'âge de huit ans ( si si je vous assure), ce ne fut que plus tard qu'elle vint en france ou son père travaillait déjà, professeur à la sorbonne. Après deux premiers romans en français et un autre receuil de poèmes, elle écrira La Joueuse de Go roman qui lui vaudra le prix goncourt Lycéens. A partir de là, tout s'enchaine, Shan Sa réussit à se faire une place dans le monde littéraire Français. Elle publiera plusieurs autres romans, dont Impératrice, livre qui retrace la vie, de la naissance à la mort, d'une femme. Sa vie, ses doutes, ses amours, ses peurs, sa force. Thème récurent chez l'écrivaine.

Amour impossible, combat, croyance, ses romans présentent la chine et ses habitant sous un regard aimant et parfois un peu dur. Mais jamais froid ou hautain. Shan Sa montre souvent un visage coupé en deux, deux visions, deux univers qui s'affronte, parfois sur un plateau de Go. Et pourtant peu de choses séparent ces deux mondes, si ce n'est une obligation. Son dernier roman : Les Conspirateurs, si l'on en croit la quatrième de couverture ( je ne l'ai pas encore lu... il faut qu'il sorte en poche, je suis pas crésus....) un jeu de rôle, de conspiration planétaire, d'espionage et de séduction.

Maintenant un petit extrait de Impératrice, pour vous donner un apperçu très léger, et j'espére vous donner envie de vous plonger dans l'un de ses romans, epeut être même tous.

"Lunes interminables, univers opaque, grondements, tornades, seismes. Rares étaient les moments de repos ; front contre genoux, bras autour du cerveaux, je pensais, j'écoutais, j'aspirais à ne pas exister. Mais la vie était là, perle transparente, astre qui tournoit lentement sur soi. J'étais aveugle. Mes yeux étaient fixés sur cet autre monde, cette autre existence qui s'effacait chaque jour. Ses couleurs étaient éteintes, ses images devenaient confuses. Il me restait encore des cris étonnés, des pleurs affaiblis. La réminiscence impuissante m’oppressait, la mélancolie me brûlait. Qui suis-je ? demandai-je à la Mort accroupie à mes pieds. Elle grogna et ne répondit pas."

Et sur ce, vous dis à mardi prochain pour une présentation de Nestor Burma et son papa Léo Mallet.
Par Kalhéa - Publié dans : critiques
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 19:05

Voici l’histoire d’un oiseau qui voulait chanter la beauté du monde, qui voulait lui  rendre hommage à travers ces sifflements. Chaque jour que le monde faisait, l’oiseau chantait pour la mer. Et chaque nuit que le monde faisait, l’oiseau chantait pour la lune.

 

                Un jour, un homme vint sur la plage et demanda à l’oiseau pourquoi chaque jour il chantait la mer. Et l’oiseau lui répondit qu’il voulait comprendre, éprouver cette beauté que la mer lui offrait.

 

                Une nuit, une femme vint sur la plage et demanda à l’oiseau pourquoi chaque nuit il chantait la lune. Et l’oiseau lui répondit qu’il voulait comprendre, éprouver cette beauté que la lune lui offrait.

 

                Tous les jours et toutes les nuits notre oiseau chantait, sans jamais se fatiguer, sans jamais s’arrêter. On ne cessait de lui demander pourquoi, et toujours le petit oiseau disait qu’il voulait ressentir. Lorsqu’on lui demandait quoi, il répondait la beauté du monde.

 

                Mais un jour, à l’aurore vint un enfant. Il s’assit dans le sable et écouta l’oiseau. Durant tout le jour et toute la nuit, il resta là, silencieux, hypnotisé par ce qui s’offrait à lui. Pas une fois il ne parla, pas une fois il n’interrompit notre oiseau. Et alors que le soleil s’apprêtait encore une fois à se lever, l’enfant partit. Comme il était venu, sans mot dire et souriant.

 

                Alors notre oiseau s’arrêta. Il avait comprit que la beauté du monde n’était pas dans la mer, ou dans la lune. Mais que la beauté du monde était dans l’innocence d’un enfant qui ne cherche pas à comprendre, mais qui assiste émerveillé à ce que le monde veut bien lui présenter. Et il décida alors qu’à partir de ce jour il ne chanterait plus la mer ou la lune, mais l’enfant.

 

                Alors toi, qui comme notre oiseau tourne ton regard vers un paysage pour voir la beauté du monde, baisse plutôt la tête, et tu trouveras sur le sourire d’un enfant le plus beau cadeau que le Terre puisse te proposer.

 

Par Kalhéa - Publié dans : Contes
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